· Hôtellerie

Le woofing en milieu hôtelier : voyager pour apprendre

Les études, c’est enrichissant, mais pour réellement connaître son métier, rien ne vaut l’expérience. Si vous avez envie de travailler dans le milieu hôtelier mais que vous n’êtes pas certain·e du type d’établissement où vous vous sentirez le mieux, prenez le temps d’explorer. Le woofing, concept de plus en plus répandu où l’on s’engage à travailler pour une courte période (entre une semaine et quelques mois) en échange d’un logement et de nourriture, est une excellente façon d’investiguer le domaine de l’intérieur avant de faire votre choix.Pour en témoigner, Manon, woofeuse dans une auberge de Saint-Jean-Port-Joli, nous parle de son expérience.


Manon, depuis quand fais-tu du woofing et comment en as-tu entendu parler ?
Ça va faire maintenant trois mois que j’ai quitté la France pour venir travailler comme woofeuse au Canada. Je cherchais des opportunités sur le site de Workaway.et je suis tombée sur cette auberge. La personnalité de la gérante me plaisait, alors je lui ai écrit.


Qu’est-ce qui t’as attiré dans cette formule ?
C’est une façon économique de voyager. Ça permet de rencontrer énormément de gens, d’expérimenter la vie locale. J’avais envie de découvrir des choses différentes, de toucher un peu à tout.


Qu’as-tu appris de l’hôtellerie que tu ne savais pas avant de venir ici ?
Je travaillais déjà en hôtellerie avant de venir au Québec, mais j’étais habituée à de grosses structures. Le woofing m’a donné l’occasion de faire l’expérience d’une entreprise familiale, plus petite, plus conviviale et d’un type d’établissement, les auberges de jeunesse, vers lequel je n’aurais peut-être jamais songé à aller. J’ai eu l’impression de redécouvrir mon domaine de travail.
Étant donné que nos heures ne sont pas rémunérées, j’ai aussi appris ce que c’était que de travailler sans pression. Bien sûr, les woofeurs mettent du cœur dans ce qu’ils font, mais la marge d’erreur est plus grande.


Que conseillerais-tu à quelqu’un qui aimerait tenter l’expérience ?

Prenez le temps d’éplucher les offres et de trouver un établissement qui correspond à vos attentes. Certains employeurs n’hésitent pas à exploiter leurs woofeurs en les obligeant à travailler plus de huit heures par jour, six jours sur sept.

Préparez-vous également à être polyvalent et dynamique. Comme vous n’êtes pas officiellement en poste, vos tâches risquent de varier. Entretien ménager, accueil, rénovations, entretien de terrain, guide touristique, pas de chance de vous ennuyer !


Quelles sont les prochaines étapes, pour toi, suite à ton expérience de woofing ?
Encore plus de woofing ! J’ai l’intention de m’acheter une voiture et de partir dans l’Ouest du pays. Mon objectif est de continuer d’utiliser Workaway et de travailler un mois dans chaque province, pendant une période de deux ans, au total. Et cet été, je reviendrai ici, à l’auberge, mais en tant que salariée cette fois-ci !


Et après ?
Honnêtement, après le Canada, je ne pense pas rentrer chez moi. Le woofing m’a vraiment donné la piqûre du voyage. J’ai envie de refaire l’expérience dans un autre pays. J’aimerais bien travailler avec les animaux, dans une ferme ou quelque chose du genre. On verra bien…

Marilyne Busque-Dubois

Diplômée au baccalauréat en littérature, rédactrice, réviseure et traductrice pour une foule d’entreprises variées, Marilyne Busque-Dubois est aussi poète, dramaturge et animatrice d’ateliers de création littéraire dans les régions de Québec et de Charlevoix. Avant de se lancer à temps plein dans l’écriture, l’auteure a travaillé plus de huit ans dans différents établissements en tant que serveuse et se fait aujourd’hui un plaisir de retourner fouiller dans cet univers pour le blogue d’Hotelleriejobs.com.