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5 faits que vous ignorez sur le métier de brasseur

Frédérick Tremblay et sa conjointe Caroline Bandulet ont fondé la MicroBrasserie Charlevoix, à Baie-St-Paul, en 1998. Depuis, il en a coulé de la bière sous les ponts. Découvrez ce métier aussi festif que rigoureux qu’est celui de brasseur.

1. Des passionnés de bière
Ma passion pour la bière remonte à longtemps. Lorsque j’étudiais au baccalauréat en génie électrique, mes colocs et moi brassions notre propre bière à partir de « kits ». On se faisait accroire qu’elle était aussi bonne qu’une bière importée… Mais je peux bien vous l’avouer aujourd’hui : le seul avantage de notre bière, c’est qu’elle nous coûtait seulement 25 cents la bouteille.

Puis, j’ai connu Caroline, qui aimait la bière autant que moi, et qui est tombée en amour avec ma région natale, Charlevoix. Et on a décidé de faire le saut. Nos débuts ont été assez difficiles, et ce, pour deux raisons. La première, c’est qu’il y a 20 ans, l’industrie de la bière n’était pas du tout ce qu’elle est aujourd’hui. On buvait de la Bud’ ou de la Molson… pas de la Dominus Vobiscum et de la Vache Folle.

La seconde, c’est qu’on a reçu beaucoup d’opposition du milieu. Les gens croyaient qu’on allait construire une mégabrasserie qui gâterait le paysage. Ils se sont rapidement rendu compte que ce n’était pas le cas. On est plutôt un bel ajout à la Route des saveurs. Aujourd’hui, lorsqu’un entrepreneur annonce qu’il veut ouvrir une microbrasserie en région, les municipalités lui déroulent le tapis rouge.

Les temps ont bien changé, et c’est tant mieux!

2. Dominus Vobiscum, Vache Folle, Sour French Kiss… des noms qui ont une histoire
Bien souvent, les microbrasseurs puisent dans l’histoire de leur région pour nommer leurs bières. Chez nous, tous les membres de l’équipe sont consultés pour trouver LE nom qui convient à une nouvelle bière. On s’inspire beaucoup de son apparence et de son goût.

Par exemple, c’est mon père qui a lancé l’idée de la Dominus Vobiscum, qui avait un je-ne-sais-quoi monastique. Dominus Vobiscum signifie « Que le Seigneur soit avec vous » en latin. On avait un petit doute au début, mais ce nom s’est avéré un succès, particulièrement auprès des baby-boomers, qui répondent immanquablement Et cum spiritu tuo, c’est-à-dire « ainsi soit-il », lorsqu’ils me croisent.

Même principe créatif pour la Vache Folle, une bière noire au lactose qui a été lancée en pleine crise de la vache folle.

3. Le brassage, c’est sérieux !
Bien des gens voient les brasseurs comme des gars barbus tatoués qui aiment faire le party. Hum ! Vous allez être déçu… Brasser demande beaucoup de rigueur et de précision : c’est essentiel pour obtenir une recette de bière stable : notre recette doit goûter la même chose chaque fois… comme la recette de sauce à spag’ de votre grand-maman. C’est ici que mon bagage en génie m’est utile.

Oui, on peut boire de la bière à 9
4. L’industrie brassicole, c’est la plus belle confrérie qui existe.
Prendre une bonne bière avec des amis, c’est convivial, sans prétention. Et c’est l’ambiance qu’on retrouve dans l’industrie tout entière. On s’entraide, on se partage nos trucs… mais pas nos recettes, quand même !

En novembre dernier, c’était le 9e congrès de l’Association des microbrasseries du Québec. Trois journées merveilleuses de partage et d’apprentissage !

5. Je ne bois pas juste de la bière, même si j’adore ça !
Eh oui, même après 20 ans dans le domaine, j’aime toujours autant la bière… et même plus ! Le Québec est sorti des styles traditionnels belges, allemands, anglais et tchèques pour en créer de nouveaux, surtout avec la nouvelle génération de brasseurs qui ne cesse de nous étonner. Alors, c’est impossible de se tanner de boire de la bière. Mais ça ne m’empêche pas d’avoir un petit faible pour le vin, le rhum et le scotch et tout autre boisson qui aime me chatouiller les papilles.


Myriam Bérubé

Notre blogueuse Hotelleriejobs, Myriam Bérubé, conseillère en communication et rédactrice, collabore avec les chefs d'entreprise afin d'améliorer la circulation de l'information à l'intérieur de leur organisation. Reconnaissance au travail, courriel efficace, réunion mobilisatrice… voilà ses principaux champs d’intérêt. Dans ses temps libres, elle jardine, lit des romans policiers, découvre de nouvelles recettes à tester et, par-dessus tout, passe du temps de qualité avec sa petite tornade de 6 ans.