· Restauration

Le problème qui sème la pagaille dans le monde de la restauration

Les restaurants du Québec traversent une passe difficile. En effet, cette industrie qui autrefois ne savait plus quoi faire de son lot de cuisiniers a peine à en trouver aujourd’hui. Les bons cuisiniers, ça ne court pas les rues et le problème s’accentue d’année en année. Quelle est la raison de cette baisse? Est-ce un manque d’intérêt pour la profession? Est-elle trop exigeante? Est-ce autre chose complètement?

De plus, les immigrants, qui d’habitude s’en vont souvent vers des secteurs tels que l’hôtellerie et la restauration lorsqu’il arrive dans un pays, semblent moins enclins à aller vers ces domaines et pourtant le taux d’immigration est resté plutôt bon et stable au Canada ces dernières années.

À dire la vérité, le problème est le suivant : le salaire des cuisiniers fait pitié. Il y a un déséquilibre flagrant entre leur cachet et celui des employés en salle à manger. Beaucoup affirment que ce métier n’est pas reconnu à sa juste valeur et ils ont raison. Bien que je pense que tout le monde devrait travailler au moins une fois dans sa vie dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration, car cela forge le caractère, ce métier n’est pas pour les « petites natures » ou plutôt devrais-je dire pour tout le monde. Dans un restaurant, ça parle fort, ça va vite et il faut porter attention aux petits détails. Pourquoi le salaire d’un cuisinier serait-il moins important que celui d’un serveur? Ce ne sont peut-être pas eux qui servent les clients, mais ils doivent quand même leur préparer de bon repas.

Selon l’Association des restaurateurs du Québec, le salaire moyen d’un cuisinier est de 18 $ de l’heure alors que celui d’un serveur peut aller jusqu’à 25 $ de l’heure (pourboire inclus) mais dans de grands restaurants seulement. Pour avoir moi-même travaillé en restauration à tant partiel pendant environ 6 ans, je n’ai jamais vu quelque chose qui se rapprochait à ce salaire.

Bien entendu, sur papier, les cuisiniers sont payés plus cher de l’heure, mais les serveurs ont un pourboire. Ce fameux pourboire. C’est peut-être la raison pour laquelle les cuisiniers sont si insatisfaits de leur cachet. C’est ce qui, en fin de compte, fait toute la différence dans ce fossé qui sépare ce que gagne un cuisinier et ce que gagne un serveur. Pourtant ces gens doivent s’entraider, communiquer et travailler ensemble. Bref, ils doivent travailler en équipe.

Alors, quelles seraient les solutions à ce problème? On s’entend, la vie de cuisinier n’est pas celle que l’on voit à la télévision aux postes tels que Food Network, Zeste et bien d’autres. Les chefs ne deviendront pas tous riches et célèbres comme les Gordon Ramsay, les Jamie Oliver ou les Joe Bastianich de ce monde.

Que doit-on faire pour soutenir ces passionnés de la cuisine, afin qu’ils ne délaissent plus leur choix de carrière? Est-ce par une répartition équilibrée du pourboire entre tous les employés d’un restaurant ou doit-on augmenter le salaire des cuisiniers afin de rendre ce domaine plus intéressant et compétitif?

 Quelques solutions qui pourraient donner un peu plus de marge de manœuvre aux restaurateurs pour payer leur cuisinier avaient aussi été proposées par ces derniers dans un sondage sur les préoccupations dans les industries de la restauration fait par l’Association des restaurateurs du Québec, mais une chose est certaine, nous ne pouvons attendre qu’il soit trop tard avant de faire quelque chose.


Hélène Cloutier

Hélène Cloutier est une étudiante de dernière année au baccalauréat en traduction de l’Université Laval. Elle travailla en restauration pendant quelques années dont un été à Los Angeles en Californie au restaurant Joan’s On Third. Elle aime les sports, la cuisine, le plein air et la musique. Elle fit même un DEC dans ce domaine au Campus Notre-Dame-De-Foy à St-Augustin de Desmaures.