· Hôtellerie

Une nuitée dans ma ville: sauvons l'hôtellerie locale


Assise chez moi à écouter les annonces de réouverture des commerces faites par le gouvernement au cours des dernières semaines, plusieurs choses me traversent l’esprit. 


Enfin! Un semblant de vie normale se pointe le nez. Les magasins sont ouverts. Les restaurants reprendront du service au cours des prochains jours. Les terrasses pourront bientôt accueillir quelques personnes qui boiront une bonne bière froide en profitant de la chaleur estivale (si elle veut bien finir par arriver). 


Une question persiste pourtant dans tout ça: et les hôtels, alors?


Alors que plusieurs hôtels de Québec se préparent à rouvrir leurs portes et à accueillir des clients dans des chambres réaménagées pour la sécurité de ses utilisateurs, la situation est quelque peu inquiétante: selon Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association Hôtelière de la région de Québec, les gens ne réservent pas.


Avec le tourisme au (gros) ralenti, la majorité préfère rester chez soi et limiter ses déplacements au minimum. Mais avec un taux d’occupation des hôtels prévu à 15%, il y a de quoi s’inquiéter quelque peu pour nos établissements locaux. 


Même ces prévisions ne sont pas une représentation juste, car les réservations demeurent inexistantes, selon les remarques de l’AHQ. Pourtant, des mesures strictes sont mises en place pour assurer la sécurité de tous: une distanciation entre les chambres, une période de repos entre l’utilisation de celles-ci, l’élimination de décoration et objets superflus… 


Malgré tout, le futur reste incertain, surtout lorsqu’on se pose la question: qui viendra louer une chambre dans ces hôtels si les services et activités y sont limités?


Ma réponse à cette question: nous, les gens locaux qui sont confinés chez nous depuis des semaines. Les jambes nous démangent de sortir prendre l’air, et la solution pourrait bien être d’explorer les établissements hôteliers de notre ville! 


Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, le nombre d’hôtels locaux que j’ai visité dans ma vie est très limité. Quelle occasion me pousserait à louer une chambre d’hôtel dans ma propre ville, et de réellement en profiter?


Eh bien, cette occasion: alors que la vie reprend un cours quelque peu normal, on fait face à un mélange parfait de déconfinement et de désir d’encourager l’économie locale.


Les éléments semblent s’aligner parfaitement dans ce scénario: les gens sont fatigués d’être confinés chez eux. Les chambres d’hôtel sont inoccupées, car la ville est vide de touristes et de visiteurs. La solution?


Une nuitée dans un hôtel local.


C’est votre chance de découvrir ce que les petits établissements locaux de votre ville ont à offrir: un nouveau quartier, une vue imprenable sur un coin que vous ne connaissez pas, un certain charme que vous ne retrouverez pas ailleurs… 


Photo: Auberge Saint-Antoine


Des hôtels tels que l’Auberge Saint-Antoine et Le Bonne Entente à Québec, ou encore l’Auberge des Falaises à Charlevoix, ont rouvert ou rouvriront bientôt leurs portes. Avec les déplacements limités et les mesures de sécurité mises en place, aller passer une ou deux nuitées dans un hôtel local est l’occasion parfaite de s’échapper un peu et de redécouvrir les charmes de votre ville et de ses environs.


Et pour les hôteliers, il pourrait s’agir d’une opportunité en or de rejoindre un public différent et d’offrir un service aux clients locaux qui souhaitent sortir de chez eux. La création de forfaits spéciaux ou de tarifs ajustés à un nouveau type de tourisme pourrait être une option. Pourquoi ne pas utiliser cette situation hors de l’ordinaire pour explorer quelque chose de nouveau et diversifier l’offre? 


Non seulement l’idée de passer une nuitée dans sa propre ville offre une chance de s’échapper un peu du confinement, mais il s’agit aussi d’une autre façon d’encourager le tourisme et l’économie locale à travers la province. 


Laurie Dumas-Ruel

Laurie Dumas-Ruel est la Rédactrice web pour Hotelleriejobs ainsi qu'une auteure de fiction dans ses temps libres. Elle a travaillé en restauration aux côtés de touristes pendant plusieurs années et adore explorer comment les ressources humaines et les industries de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme sont interconnectées.