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5 faits que vous ignorez sur le métier de guide-accompagnateur

Jovanni Racine est guide-accompagnateur depuis plus de 15 ans. Au moment où notre interview a eu lieu, il revenait d’un circuit de 14 jours Toronto-Gaspésie avec un groupe de 40 Français.


1. Guides-accompagnateurs : travailleurs autonomes en majorité.


À l’exception de quelques voyagistes, dont les guides-accompagnateurs sont employés, la plupart engagent des travailleurs autonomes.


Pour ma part, je suis principalement agent de bord chez Via Rail. Mon travail de guide-accompagnateur est un revenu d’appoint qui me permet de voyager au Québec, au Canada et aux États-Unis, tout en rencontrant des touristes de partout dans le monde. Mon emploi principal, très flexible, me permet de partir tantôt pour des excursions de 2-3 jours, tantôt pour des circuits pouvant durer jusqu’à 15 jours.


2. Celui qui s’assure que tout roule comme sur des roulettes.


Une grosse partie de mon travail consiste à m’assurer que le voyage se déroule sans anicroche. Voici quelques exemples :

- Avant de quitter un endroit, je compte les gens au moins deux fois afin d’être certain de n’oublier personne.

- La veille d’une activité, je rappelle toujours aux touristes de s’habiller en conséquence, par exemple, de porter un manteau imperméable parce qu’on visite les chutes du Niagara le lendemain.

- Je résous tous les problèmes de logistiques en lien avec notre itinéraire : accueil sur les lieux visités, restaurant, hôtel…


3. Une bonne culture générale.


Certaines journées, nous roulons en autobus pendant de nombreuses heures. Bien sûr, je laisse les voyageurs admirer le paysage. Mais je fais aussi beaucoup d’animation et commente la région que nous parcourons. Histoire, géographie, économie, sociologie, art, anecdotes en tous genres... je dois connaître parfaitement le territoire. Ainsi, lorsque je suis guide-accompagnateur pour un nouveau circuit, je dois réaliser une bonne recherche afin de maîtriser mon sujet.


4. Des nerfs d’acier.


Lorsqu’on exerce ce métier, il faut avoir une excellente résistance au stress et savoir réagir rapidement aux imprévus. Un circuit sans aucune péripétie, c’est plutôt rare. Il y en a quand même des pires que d’autres. Je pourrais vous en parler pendant des heures, mais vous présenterai seulement deux situations.


Je suis déjà arrivé à un endroit… qui était fermé pour l’année pour rénovations. Le voyagiste américain n’avait pas réalisé les vérifications de dernières minutes. J’ai dû trouver une activité de remplacement très rapidement…


Une autre fois, alors que j’accompagnais un groupe aux États-Unis, notre autobus est tombé en panne sur l’autoroute. Comme si ce n’était pas assez, on était en pleine canicule. Il en allait donc de la sécurité de tous. J’ai repéré un petit centre commercial (climatisé !) où les gens ont pu se rafraîchir et manger. Je n’entrerai pas dans les détails, mais je peux vous assurer que les policiers américains ne sont pas aussi sympathiques et aidants que nos policiers québécois… Ce qui m’amène au prochain point.


5. La gestion des émotions : essentielle.


Lorsqu’on est guide accompagnateur, on doit pouvoir bien gérer ses émotions. Les voyageurs comptent sur moi. Le succès de leur périple repose en grande partie sur mes épaules.


Ainsi, lorsque des touristes sont en rogne et s’énervent après moi parce que leurs bagages ont été égarés entre deux aéroports, je dois garder mon calme et éviter d’en faire une affaire personnelle. Leur colère ne doit pas m’affecter, parce que, encore une fois, je dois entrer rapidement en mode solution.


Bref, le métier de guide-accompagnateur n’est pas aussi glamour qu’on le croit. Oui, je suis payé pour voyager. Oui, j’ai eu la chance de visiter des lieux magnifiques que la majorité des gens ne verront jamais de leur vie. Oui, j’ai la chance de partager ma passion. Mais c’est aussi un métier qui demande une bonne dose d’adaptation et de créativité.

Myriam Bérubé

Notre blogueuse Hotelleriejobs, Myriam Bérubé, conseillère en communication et rédactrice, collabore avec les chefs d'entreprise afin d'améliorer la circulation de l'information à l'intérieur de leur organisation. Reconnaissance au travail, courriel efficace, réunion mobilisatrice… voilà ses principaux champs d’intérêt. Dans ses temps libres, elle jardine, lit des romans policiers, découvre de nouvelles recettes à tester et, par-dessus tout, passe du temps de qualité avec sa petite tornade de 6 ans.