Le salaire a-t-il une importance?
Il est important d’être payé à sa juste valeur. Mais ne tenir compte que du salaire dans le choix d’une carrière et d’un emploi s’avérera coûteux à moyen terme.
Comment bien se choisir une carrière, que vous soyez un jeune en choix de programme au cégep, un homme en recherche d’un nouvel emploi ou une femme en réorientation?
La question est tellement importante que des centaines d’ouvrages et de livres, de même que des milliers d’articles ont été écrits sur le sujet.
Pourtant, encore aujourd’hui, beaucoup de travailleurs se retrouvent à la mauvaise place. De sorte qu’un nombre important se déclare aussi insatisfait de leur travail. Ils finissent par partir, ou se faire carrément renvoyer, avec toutes les conséquences financières que cela comporte: un travailleur peu engagé satisfait rarement les attentes.
Au Québec, plus ou moins le tiers des Québécois sont insatisfait de leur boulot, selon différents sondages et différentes études, dont les sondages Crop annuels de l’Ordre des conseillers en ressources humaines du Québec. C’est pire aux États-Unis, où des sondages similaires en 2014 indiquaient un taux d’insatisfaction supérieur à un sur deux.
Pourquoi un travailleur est-il malheureux au travail? Très souvent, parce qu’il choisit un salaire plutôt qu’un emploi.
Le bonheur n’est pas dans le foin
Une méta analyse de plus de 100 recherches dans lesquelles les scientifiques se sont penchés sur la question de bonheur au travail et publiée dans la revue scientifique Journal of Vacational Behavior en 2010 suggère qu’il y a une très faible relation entre la rémunération et la satisfaction au travail.
Même si les personnes plus riches démontrent en effet un niveau de satisfaction personnelle plus élevée que les plus pauvres, une augmentation subite du revenu et de la richesse n’affecte que très peu le bonheur des sujets étudiés.
L’ensemble de ces études ne dit pas que la rémunération n’est pas importante, il démontre seulement que: dans tous les niveaux de salaires, il y a autant de gens heureux au boulot qu’il y en a de malheureux. Que le
revenu moyen soit de 20 000 $ ou de 120 000 $. Ce qui importe en matière de salaire, c’est d’être rémunéré à sa juste valeur. Le sentiment d’iniquité, lui, rend malheureux.
Parmi les 17 critères qui font le bonheur au travail, les 1500 répondants à un sondage du Conseil des ressources humaines du Canada, en 2008, ont classé le salaire au 14e rang. À l’inverse, parmi les travailleurs interrogés pour ce sondage qui se déclaraient très insatisfaits de leur travail, le salaire n’était que le 7e de leurs soucis sur 17.
Le salaire, c’est la déprime
Une enquête sur la rémunération, effectuée par l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et de la John-Molson School of Business, de l’Université Concordia en 2011, montre que «les personnes qui travaillent principalement pour des raisons extrinsèques, comme le salaire ou la réputation, sont plus enclines à rapporter de hauts niveaux d’épuisement émotionnel et de comportements de déviance organisationnelle.»
À l’inverse, les travailleurs qui affirment travailler principalement par intérêt ou parce que leur travail est utile socialement ont plus d’énergie et fonctionnent de façon optimale.
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