· Hôtellerie

Pourquoi les auberges de jeunesse ont-elles de plus en plus la cote au Québec ?

Autrefois peuplées d’adolescents en fugue, de musiciens bohèmes et de fêtards, les auberges de jeunesse ou hostels comme on les appelle ailleurs, accueillent aujourd’hui des voyageurs de toutes les tranches d’âge et de tous les milieux. Retraités à l’aventure, amateurs de plein air, familles en vacances, ils sont de plus en plus nombreux à choisir la formule cuisine et espaces partagés lorsque vient le temps de s’évader. Mais d’où vient cet engouement nouveau pour l’hébergement à prix modique ?
 
Un concept démocratisé
 
Au Québec, si l’appellation d’auberge de jeunesse laisse parfois l’impression d’un endroit réservé exclusivement aux jeunes, cette impression tend à se dissiper à mesure qu’une nouvelle clientèle plus variée découvre ou redécouvre les charmes de vivre en groupe. Au-delà des zones plus animées et des classiques lits simples superposés, le concept s’ouvre et accueille désormais ceux et celles qui recherchent aussi intimité et tranquillité, leur proposant chambre et salle de bain privées pour à peine quelques dollars de plus. Ainsi, à la grande table commune, un couple de jeunes professionnels prend l’apéro avec un « pouceux » tout juste rencontré alors qu’une grand-mère et ses petits-enfants font irruption et se joignent à la conversation. Les préjugés tombent et chacun finit bien par l’admettre : l’auberge de jeunesse d’aujourd’hui est propre, colorée, invitante et, surtout, organisée pour recevoir.
 
Des rencontres spontanées
 
Si à l’ère technologique beaucoup se sentent seuls, de plus en plus de voyageurs se tournent vers les auberges pour leur côté humain à des années-lumière de la petite chambre de motel vide et des grands vestibules froids et clinquants des chaînes hôtelières. Accueillis par les aubergistes comme des membres de la famille, partageant entre eux conseils et expériences de voyage, les visiteurs développent un sentiment d’appartenance aux auberges de jeunesse qu’ils fréquentent et repartent plus souvent qu’autrement avec de nouveaux amis.
 
Un budget « sorties » décuplé
 
Casse-croûtes gastronomiques, festivals de musique, escalade, via ferrata, excursions à vélo de montagne ou en traîneau à chiens, l’offre touristique en-dehors des centres est peut-être plus alléchante que jamais, mais le coût de la vie, lui, ne cesse d’augmenter. Résultat ? Des voyageurs qui préfèrent dire adieu déjeuner continental et bonjour chambres privées à 40 dollars la nuit (en moyenne). Une économie qui leur permet d’avoir plus d’argent dans leurs poches pour des activités mémorables… et un autre voyage, pourquoi pas !
 
Une explosion de nouvelles auberges
 
Depuis les dernières années, de la Gaspésie au Saguenay en passant par Charlevoix, les auberges de jeunesse ne cessent de se multiplier et les plus beaux villages du Québec voient leur couvent déserté se transformer en lieu vivant et rassembleur. Dynamiques et ouvertes, les équipes à l’origine de ces projets souvent très communautaires n’ont pas peur de penser « outside the box » et contribuent à diversifier par leur grande créativité l’offre d’hébergement de l’endroit où ils prennent racine, avec des formules originales et variées : dortoirs de 2 à 14 personnes, chambres individuelles ou familiales avec balcon commun, grange servant à la fois de salle de spectacle et de cabane à sucre, cuisine toute équipée et potluck du lundi, babillard de covoiturage, coin friperie, location de vélos, de kayaks, de pédalos ou de raquettes à prix d’ami... Les plus récentes auberges de jeunesse se démarquent par leur caractère unique et leur implication inspirante. Pas étonnant qu’elles aient la cote !

Marilyne Busque-Dubois