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Pénurie de main-d'oeuvre: deux cuisiniers à l’ambition sans frontière

Deux jeunes cuisiniers français de 23 ans qui ont découvert le Québec lors d’un stage au Manoir Richelieu ont rapidement gravi les échelons depuis qu’ils sont venus s’installer ici, si bien qu’ils songent déjà à ouvrir leur propre restaurant.

Loïs Desfarges et Guillaume Cartigny sont respectivement arrivés au Québec il y a deux ans et un an. Alors que certaines personnes seraient encore à s’acclimater, eux en sont déjà à remplir les documents pour obtenir leur résidence permanente.

« Nous sommes venus en 2014 pour un stage de quelques mois au Manoir Richelieu, à La Malbaie, et nous sommes tombés en amour avec le Québec », expliquent les deux sympathiques cuisiniers. « C’était clair dès ce moment que nous voulions revenir. »

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Les deux jeunes hommes ont rapidement intégré les équipes des restaurants La Bûche et le Bello dès les semaines suivant leur arrivée. Depuis, ils ne font que prendre du galon, et ont été nommés sous-chefs. Ils ont toutefois les yeux rivés sur des projets encore plus grands.

« On ne veut pas seulement être des cuisiniers, on veut aller plus loin et devenir actionnaires ici si c’est possible », souligne Loïs. « On a la volonté d’avoir notre propre resto », ajoute son comparse, précisant que les deux possèdent les connaissances pour faire des affaires au Québec. « On a des études en cuisine, oui, mais aussi en gestion et en management. » Question d’apprendre la dure réalité en pleine pénurie de main-d’œuvre, Loïs et Guillaume s’impliquent dans le recrutement pour les deux restaurants où ils travaillent. Leur première mission à l’étranger rapportera ses fruits sous peu.

« Il y a des cuisiniers européens qui devraient arriver dans les prochaines semaines. Et j’ai parlé avec un autre Français qui avait des questions sur le processus par Facetime », raconte Loïs Desfarges qui, avec son collègue, a fait des démarches en France, au Mexique et au Maroc pour dénicher de la relève déterminée comme ils le sont.

Conditions plus agréables

Bien placés pour parler de la réalité québécoise, les deux chefs soulignent que les conditions dans les cuisines d’ici sont bien loin de ce qui se fait en France.
« En France, c’est un peu archaïque au niveau des conditions de travail. Là-bas, on faisait 60-70 heures par semaine, et on était payés 40. Le punch n’existe pas là-bas et les heures supplémentaires ne sont pas payées », se souviennent les deux Québécois d’adoption qui soulignent les possibilités d’avancement ici.
« On se sent appréciés à notre juste valeur. En France, quand on voulait faire notre place, c’était difficile. Ici, je savais que je pourrais progresser », ajoute Loïs.

Ne pas perdre l’esprit du Québec en cuisine

Si l’immigration peut être une solution au problème de pénurie de main-d’œuvre, les deux cuisiniers français de La Bûche et du Bello sont d’avis que le milieu de la restauration ne doit pas compter uniquement sur cette solution.
« Ça passe en partie par là, oui, mais jusqu’à une certaine limite quand même, lance Loïs Desfarges. On ne peut pas non plus remplacer une équipe entière par des étrangers. On doit garder une âme du pays. »

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