CV truqués, diplômes inventés,
expériences fictives... En France, mentir sur son parcours professionnel
est devenu une norme. Jusqu'où peut-on aller dans le maquillage ?
La question peut paraître abrupte. Mais la réalité est pourtant révélatrice: en France,
26% des candidats trichent sur leurs diplômes selon une étude réalisée par la société
Verifdiploma,
qui propose aux entreprises de vérifier, moyennant 100 euros, les CV de
leurs candidats... Parmi les clients, on compte des groupes d'envergure
internationale comme Total, Natixis ou France Télécom. «En France, tous
les DRH admettent qu'il est possible qu'ils aient de faux diplômés dans
leurs entreprises... Cette idée aurait été inavouable il y a 10 ans»
explique Emmanuel Chomarat, fondateur de Verifidploma. Sur les CV comme
en entretien d'embauche, les candidats n'hésitent donc pas à mentir,
parfois effrontément.
Florian Mantione (directeur de l'Institut Florian Mantione) et
Jacques Froissant
(fondateur du cabinet de recrutement 2.0 Altaïde) répertorient les
différentes types de mensonges récurrents chez les candidats.
• L'invention (ou la la modification) d'un diplôme.
Très fréquent dans les CV, le mensonge sur le diplôme fait fureur en
France. Ainsi, une formation courte dans une école prestigieuse peut se
remplacer par un diplôme obtenu en formation initiale, ou un simple DEUG
se transformer en Master! Par omission, le candidat peut aussi être
évasif sur le nom précis de l'école ou sur le parcours suivi. Dans le
pire des cas, il peut tout simplement ne jamais avoir mis les pieds dans
l'établissement mentionné. «Dans la plupart des entreprises, on
constate simplement tel ou tel diplôme sur le CV, mais on ne demande pas
souvent à voir l'exemplaire» explique Emmanuel Chomarat. Une grossière
erreur.
• «Je suis intéressé par ce poste.» La
plupart du temps, un candidat pense le contraire. Ou au moins, gonfle sa
volonté, dans le but d'optimiser ses chances d'être pris. Le mensonge
est d'autant plus grave qu'il est tout à fait plausible, et qu'on a
toute les raisons de le croire. Cela mène vers des embauches non
voulues, où le nouvel employé partira dès qu'il aura une proprosition
plus alléchante, dans n'importe quel autre métier ou entreprise. Cela
peut aussi mener à embaucher des employés inutiles ou peu motivés, qui
sont simplement là pour avoir le job, sans qu'il leur apporte le moindre
épanouissement professionnel. «Feindre de vouloir un poste est l'un des
mensonges les plus graves qui soit» insiste Florian Mantione.
•
L'exagération des compétences et des responsabilités. Gonfler
son CV en rajoutant des mois ou années d'expériences à un poste ou dans
une entreprise est un acte généralisé. À l'instar des candidats qui
fabulent sur leurs responsabilités. Pour calquer leurs compétences sur
les attentes du recruteur et se donner le «profil idéal», les candidats
sont parfois capables d'aller loin. Responsabilités managériales de haut
vol, nombre de ventes gonflés (pour un commercial), attribution d'un
poste qui n'a jamais été occupé... «C'est fou le nombre d'occurences de
directeur marketing qu'on peut trouver dans les CV!» souligne Jacques
Froissant. En falsifiant de toutes pièces son CV,
Jean-Philippe Gaillard avait par exemple réussi à diriger l'aéroport de Limoges durant deux mois ,
en 2011, avant d'être démasqué. Toutes les données chiffrées, dont la
véracité est difficilement mesurable par le recruteur sont également les
bienvenues.
Pour en savoir plus |
Lefigaro.fr