Ottawa veut réduire de moitié le nombre de travailleurs étrangers temporaires
Le gouvernement veut réduire de moitié d'ici trois ans le nombre de travailleurs étrangers temporaires à faible revenu au Canada. Ottawa sera aussi plus sévère contre les employeurs qui abuseraient du système et pourrait imposer des amendes allant jusqu'à 100 000 $.
Un texte de Daniel Thibeault
« Notre gouvernement a toujours été très clair sur le fait que les emplois doivent d'abord être offerts aux Canadiens », a indiqué le ministre de l'Emploi et du Développement Jason Kenney.
Baptisé « Les Canadiens d'abord », le nouveau programme du gouvernement fédéral prévoit notamment :
les entreprises de plus de 10 employés ne pourront pas faire venir de
l'étranger plus de 10 % de leur main-d'œuvre peu rémunérée, et ce, par
lieu de travail;
dans les régions où le chômage est à plus de 6 %, les entreprises ne
pourront pas recruter de travailleurs étrangers dans les secteurs de
l'hôtellerie, du commerce au détail et de la restauration;
le séjour d'un travailleur étranger au Canada sera limité à deux ans, au
lieu de quatre;
aucun employé canadien ne pourra être mis à pied ou voir ses heures
réduites après l'embauche d'un travailleur étranger.
avant de pouvoir faire appel au programme des travailleurs étrangers
temporaires, un employeur devra prouver qu'il a fait des démarches pour
embaucher un Canadien en déclarant le nombre de postulants canadiens, le
nombre d'entrevues réalisées et les raisons pour lesquelles aucun
candidat n'a été retenu.
Le programme faisait l'objet de plusieurs critiques ces derniers mois. Trois franchises de McDonald's à Victoria et un restaurant de Weyburn en Saskatchewan font l'objet d'enquêtes en raison d'allégations voulant que des employés canadiens aient été remplacés par des travailleurs étrangers venus au pays en vertu de ce programme.
De plus, un rapport de l'Institut C.D. Howe, publié en avril, critique sévèrement le programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires. Selon ce rapport, le programme aurait contribué à une hausse du chômage dans l'Ouest canadien. Des changements au programme, apportés entre 2002 et 2013, ont facilité l'embauche de travailleurs étrangers temporaires, contribuant ainsi à un bond du taux de chômage en Alberta et en Colombie-Britannique [deux bastions du Parti conservateur], relève l'étude de l'Institut C.D. Howe.
Le gouvernement a donc imposé un moratoire et entrepris une réforme du programme. Il a aussi lancé une ligne de dénonciations et plus de 1000 plaintes ont été reçues. La réforme annoncée aujourd'hui sonne la fin du moratoire.
Conçu comme une mesure de dernier recours pour les compagnies canadiennes incapables de combler leur besoin en mains-d'œuvre, le programme de travailleurs étrangers temporaires est devenu une norme pour certains employeurs.
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