Entretien ménager: des employés sous-payés pour obtenir des contrats publics
Le ménage, ce n'est pas de la rigolade. Les conditions de travail du secteur sont fixées par décret gouvernemental. Toutes les entreprises qui envoient des travailleurs d'entretien dans les édifices publics doivent respecter ce décret sous peine de sanctions. Et quand on dit «édifices publics», on a la définition élastique: écoles, établissements de santé, garderies, organismes communautaires, bibliothèques, musées, églises, couvents, bars, cafétérias, tavernes, banques, bureaux, arénas, aires communes d'un immeuble de condominiums, un centre commercial, une foire, une exposition, un restaurant... La liste est longue.
«Il y a encore trop d'entreprises qui ne respectent pas le décret, qui trouvent le moyen de le contourner sur le dos des travailleurs», déplore Alain Royer, le président du Comité paritaire de l'entretien d'édifices publics de Québec regroupant quelque 7000 salariés et leurs employeurs répartis dans 11 régions administratives de la Côte-Nord jusqu'en Abitibi-Témiscamingue, en passant par la Capitale-Nationale, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'Estrie et la Mauricie. Au cours des sept dernières années, les enquêteurs ont réussi à récupérer environ 1,7 million$ dans les poches des patrons fautifs et à le redonner aux employés lésés. Et il reste encore 300000$ à toucher dans des procédures toujours devant les tribunaux.
Alain Royer est un des représentants syndicaux siégeant au Comité paritaire; normal qu'il exige le respect du contrat de travail. Mais cette semaine, Sylvain Ouellet, représentant des patrons dont le chiffre d'affaires dépasse les 250 millions$, était à la même table pour réclamer l'application du décret dans l'industrie. Employeurs et syndiqués, même combat.
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